L'histoire d'une vie parmi tant d'autres...

Ce blog c'est mon carnet de bord!!! Mes passions, mes coups de gueule, mes anecdotes, mon exutoire parfois aussi...

05 mars 2009

Fais pas ton Clint, te fais pas prier, va voir ce film!!!

On va régulièrement au ciné et la semaine dernière, nous sommes allés voir en amoureux (ou pas ^^) Gran Torino, le dernier film de Clint Eastwood et je vous le recommande!

Ca commence par l'enterrement d'une vielle, pardon, d'une femme d'un certain âge. Le mari (C.E) se tient debout et grogne dans sa barbe (oui, on peut pas franchement dire qu'il ronronne !). Le paternel, comme ses deux fils l'appellent est un ancien de la guerre de Corée, américain chauvin limite extrémiste tant il est convaincu par les mérites de la Grande Nation et de ce fait, le vieux est super conservateur ! Aussi voir ses petits-enfants avec un trou dans le nombril ou faire le signe de la croix en disant bien haut et bien fort, bîte et je ne sais quoi d'autre, çà a le don de l'agacer.
    A ce moment, tu te dis que le film commence super! Façon joyeuses funérailles, comédie british
    Précision : en allant voir le film et en rejoigant les hommes après le boulot, je ne savais absolument pas de quoi     traiter  le film et à la réflexion, il n'y a rien de plus jouissif que de voir un fim dont on ignore les tenants... j'ai d'autant plus  apprécié ! expérience à renouveler.
Ensuite, comme dans toute famille américaine qui se respecte, avec le labrador et le drapeau de la Nation sur le perron, il y le brunch en l'honneur de la défunte et dans les premières minutes du film, tu sens où va te conduire le film. Walt Kowalski vit dans un quartier melting pot et des Mong viennent de s'installer dans la maison mitoyenne. Grognement de Walt façon Pittbull.
    Ensuite, un petit moment de battement  : le seul de tout le film.

L'histoire débute donc. La famille Mong : une grand-mère qui provoque le vieux amerloque (pire que dans une maison de retraite, une scène de crachat notamment, très drôle!!!)  et une mère avec sa fille et son fils. Sue est une jeune fille bien sous tous rapports quant à Thao, aussi intelligent qu'elle, il n'en demeure pas moins nettement plus réservé et introverti. Il se fait prendre en chasse par son cousin qui vit dans le même quartier et sévit avec ses potes dans un des nombreux gangs qui rythment la vie des banlieus américaines. Celui-ci veut absolument que son [lisse] petit cousin, alors sans histoires, intègre leur gang et deviennent ainsi, d'ici quelques années, le jeune au chomage sans but dans la vie qui n'a de cesse de dégommer les Mexicains et Noirs avec un 22!
Le jeune Thao n'en veut pas de cette vie mais  il finit par accepter. Sa première initiation pour intégrer le gang : voler la Gran Torino de son voisin que celui-ci conserve jalousement chez lui, dans son garage. Fort heureusement, il sera intercepté par le vieux.
    Attention, il ne faut pas être choqué par la violence suggestive qui semble être la trame de fond du film. Un, c'est
malheureusement une des facettes très sombres mais pourtant réalistes de la vie américaine. Deux, quand je parle de   violence suggestive, on voit juste le vieux dégommer son fusil prêt à tirer mais le gosse -à peine 14 ans- réussira à se   
barrer.
  Et tant que j'y suis, ne vous offusquez pas du langage de charretier du vieux. Les insultes et injures raciales fusent... au point que çà devient hilarant parce "se traiter" semble être monnaie courante dans ce pays et limite, montrer une
certaine forme de respect qui doit, comme l'a justement fait remarquer mon mec, perdre de sa valeur, faute à la 
traduction :  sous entendu en américain, çà doit mieux passer. Mais c'est vrai que voir le vieux traiter son barbier de
Macaroni escroc tandis que celui-ci le qualifie de sale polak, on sent que le réalisme est de la partie : dans cette 
société multi-ethnique et raciale, même si un Noir est désormais à la tête du pays, les tensions persistent.
Mais revenons-en à notre récit.

Violenté devant chez lui par le cousin et ses potes, le vieux conservateur raciste sort tirer des coups de feu et mettre ainsi les jeunes du gang en fuite. A ce moment, il se mèle de la dispute non par solidarité mais vraiment parce que le bruit l'emmerde. La famille de Thao, comme l'exige la tradition, ne s'arrêtera plus de le remercier en lui apportant fleurs, plats et autres douceurs. Mais  le vieux grincheux jette tout à la poubelle. Finalement, la famille se présente et Thao est exigé de s'excuser... Walt a failli en bouffer son fusil.
Un autre personnage haut en couleurs et drôle malgré lui est le prêtre de la communauté "un petit Irlandais encore puceau" que le vieux prend d'abord en grippe : "C'est M. Kowalski et pas Walt" et finira par apprécier. Faut dire que le petit curé est du genre obstiné. Il a reçu ordre de la défunte de surveiller le vieux grincheux et il ne compte pas le lâcher. Le film débute avec lui. Il se terminera aussi avec lui...
Le film continue.

Le vieux continue de râler contre tout et n'importe quoi, de rejetter son fils qui achète des voitures japonaises alors que, lui, a bossé 30 ans pour le compte de l'usine Ford.
   C'est donc un film, certes un peu poussé à l'exagération  (quoique, je me demande) mais fort en symboles et surtout emprunt d'un réalisme qui témoigne de l'authenticité de la fiction par rapport à la vie américaine bien réelle!

Un jour, en rentrant chez lui, le papy sauvera la jeune Sue d'une bagarre qui aurait pu mal finir et se prend d'affection pour cette petite qui a non seulement la tête sur les épaules mais qui, en plus, s'avère être vive et à la pointe de l'insolence. Elle, elle l'appelle Walle-E (^^), elle l'invite à une fête traditionnelle des Mong dont il ne sortira pas tout à fait le même, elle le surveille quand il crache du sang et se marre bien avec lui. A ce moment-là, Thao et lui ne se connaissent pas encore mais lorsque la mère du jeune oblige le vieux à le prendre pendant une semaine pour des travaux divers et ce, afin, de réparer sa faute (essayer de voler sa caisse) et ainsi s'acquitter de sa dette, le vieux monsieur et l'adolescent noueront des liens bien plus forts que ceux qui le lient, lui, à ses propres petits-enfants.
Le vieux sage, malgré son aspect bourru, lui enseigne la vie... mine de rien : à ne pas se laisser marcher sur les pieds notamment... ou encore, à parler, comme il concoit que tout Américain devrait s'exprimer lol
Finalement, Walt décide de lui prêter la clé de sa Gran Torino au gamin pour que celui-ci emmène sa girlfriend au resto et tout semble aller de mieux en mieux : le soleil, tout le monde s'entend, tout le monde trinque autour du barboc...

Sauf que... dans tout drame qui se respecte... il y a un élément perturbateur.
   /!\ Je raconte la fin, alors ceux qui l'ont pas vu : arrêtez de lire là!!!!

Le gang des cousins agresse le jeune Thao, le grand-père Kowalski va donc filer une bonne raclée à ces petites raclures qui pour se venger vont passer dans le quartier et cribler de balles la maison de Thao. Par chance, nul ne sera blessé et quand Walt débarque en catastrophe dans la maison, s'inquiètant même de la grand-mère, il comprendra... quand il ne verra pas Sue... On est passé dans la partie sombre de l'histoire. En effet, pendant que les jeunes se déchaînaient sur la baraque, ils s'occupaient aussi de l'adolescente qui rentrera finalement couverte de coups et violée.
On ressent toute la souffrance... la scène est poignante... l'échine dorsale se dresse quand on voit Walt qui nous est  présenté au début du film comme un  connard sans coeur, raciste, crever littéralement de douleur.

Thao veut se venger avec le vieux qui lui fait croire qu'ils vont aller la venger ensemble, mais l'enferme dans sa cave. Alors que tout le monde croit qu'il va répondre à la violence par la violence en allant leur buter leurs tronches (plus tôt, dans le film, il le dit "Thao ne sera jamais tranquille avec ce gang dans le quartier"), la chute est excellente et pour le moins inattendue. Walt va chez le barbier et le tailleur et non armé se rend chez les jeunes qu'il oblige par ses propos à sortir de la maison, pour qu'ils soient tous bien en vue. Il fait semblant de s'allumer une cigarette, volontairement, et le gang tire, le criblant de balles! Il le savait, lui, qui avait du tuer un gamin hissant le drapeau blanc durant la guerre, lui qui ne se l'était jamais pardonné que c'était le seul moyen... et quelque part probablement une manière de se racheter... En effet, devant des témoins par dizaine, le gang est mis hors d'état de nuire et foutu en prison.
Les jeunes Sue et Thao arrivent sur le lieu du crime mais il est trop tard... c'est la plus belle des marques d'amour que le vieux leur ai offert. 

A l'enterrement, le jeune prêtre raconte sa rencontre avec M. Kowalski et se rappelle lui avoir demandé ce qu'il pensait de la vie et de la mort avant d'enchaîner "avant lui, je ne savais rien de la vie et de la mort, lui il savait!"
Finalement, le jeune Thao recevra en héritage la Gran Torino et lorsqu'on le voit partir sur une route qui longe le port, son avenir semble serein et positif....

Un film absolument magnifique... j'ai même eu la larmichette à l'oeil... pourquoi ? pour l'histoire divinement tournée, pour le sens de celle-ci façon conte moderne, pour la musique sublimissime, pour le jeu d'acteur de Clint Eastwood  si juste!
Un film à voir... ou à revoir!!!!


Posté par Mam'selle Marie à une heure indécente... - Commentaires [0]

Commentaires

Poster un commentaire